La retraite des morts « ou presque »

, par udfo10

La retraite des morts « ou presque »

En effet, voici maintenant quelques mois que le gouvernement, aidé par le Patronat et accompagné de la CFDT, a posé les (ses) conditions d’une énième réforme des retraites.

L’argumentaire distillé sans cesse au travers des médias est basé sur la seule notion d’allongement de la durée de vie. Argumentaire simpliste : puisque l’on est censé vivre plus longtemps, il faut donc bosser plus longtemps. Cela évite de mettre à plat complètement la question du financement des retraites et ses principes de solidarité.

Pourtant, récemment, la publication de statistiques officielles au plan européen a montré que, pour la première fois, l’âge moyen de vie en bonne santé stagne ; et la France n’échappe pas à ce constat.

Malgré ces éléments, le gouvernement prône l’allongement de la durée de cotisation sans toucher évidemment à l’âge légal. Hypocrisie ! Cela signifierait que les départs en retraite se feraient aux alentours de 65 ans dans un futur proche ! Il est sûr que plus l’âge sera reculé, plus le nombre de bénéficiaires d’une retraite décente va diminuer, y compris sur la durée. Cyniquement, cela fera donc de substantielles économies à terme.

Ce qui est certain pour notre organisation, c’est que la préservation de notre système de retraite par répartition mérite d’autres engagements. La question des retraites va être au cœur des débats des mois à venir, et notamment de la Conférence sociale qui va se dérouler les 20 et 21 juin dans une ambiance plus tendue qu’en juillet 2012.

Tout ceci ne doit pas nous faire oublier que la remise en cause des retraites fait partie d’une longue liste imposée par la Commission Européenne. L’on y trouve aussi la question de la réduction des effectifs de la fonction publique, le financement de la Sécurité Sociale, la "réforme" territoriale, etc.

Outre l’abandon de souveraineté accepté par le gouvernement et son Président que cela implique, le sursis de deux ans obtenu pour faire entrer le budget de l’Etat français dans les critères de Maastricht est assorti de contreparties fortes correspondant à des remises en cause de notre système de protection sociale républicain.

Les mois à venir vont nécessiter, de notre part, une mobilisation et une réaction à la hauteur des enjeux.

Le secrétaire général

Arnaud Marchal